Le 10 décembre 1944 a lieu le prix Nobel de chimie et il est remis à Otto Hahn pour la découverte de la fission. À première vue, une victoire scientifique majeure : l’un des tournants de la physique moderne et une avancée scientifique. Mais derrière cette reconnaissance se cache une injustice envers Lise Meitner, la physicienne qui a joué le rôle central dans cette découverte… et que l’Histoire a oublié comme biens d’autres femmes.
Le contexte de la découverte
Une collaboration de génie
Ils ont travaillé ensemble à Berlin, unissant chimie et physique. Ensemble, ils découvrent le protactinium et étudient la radioactivité. Cependant, en 1938, la montée du nazisme met fin brutalement à cette collaboration. Meitner est obligée de fuir l’Allemagne. Elle se retrouve en Suède où elle ne va jamais lâcher ses recherches et elle transmet ses recherches à Hahn qui lui continue les expériences.
Le Nobel… sans Lise
En 1944, le prix Nobel est attribué à Hahn seul, et Lise n’est même pas mentionnée. Une omission d’autant plus choquante que ses contributions théoriques sont à la base même de l’interprétation scientifique de la fission nucléaire.
« Science makes people reach selflessly for truth and objectivity. »
— Lise Meitner
Une reconnaissance tardive
Malgré cette non-reconnaissance, Lise Meitner refuse toute amertume. Et elle a continué à enseigner, publier et à défendre une science guidée par l’éthique et l’humanité, loin du côté militaire. Elle sera plus tard saluée par la communauté scientifique qui nommeront l’élément 109 du tableau périodique, le meitnérium (Mt) en mémoire à cette femme trop souvent oubliée.